(ça y est! Je me lance! J’ai un peu tardé, mais voilà un récit que j’actualiserai toutes les semaines! Enfin j’espère!)

La brume masquait la colline de Fourvière. La Saône suivait inlassablement les rives des quais où quelques sportifs courageux ou inconscients trottaient déjà malgré l’absence de Soleil. Il était environ six heures et demie et Ernest traversait le pont Clémenceau emmitouflé dans sa veste pour aller prendre son bus. Quelques véhicules sortaient ou s’engouffraient dans le tunnel de la Croix-Rousse. Alors que ceux qui y pénétraient ralentissaient en vue du radar automatique fixé là depuis des années, les autres accéléraient pour rattraper le temps qu’ils avaient le sentiment d’avoir perdu. Ernest se dit que c’était complètement stupide, le temps est irrattrapable, jamais personne n’a su le dompter, et ce n’est pas en appuyant sur l’accélérateur d’une voiture que le temps ralentirait. C’était exactement ça la relativité du temps. Toujours aller plus vite… Lui, il rêvait d’avoir le superpouvoir de voyager dans le passé. Il y avait pensé souvent. Et il savait exactement ce sur quoi il reviendrait. Mais ce n’était là que pur fantasme. Il expira l’air qui s’était engouffré dans ses poumons et regarda le nuage qui sortit de sa bouche. Il sourit.

Il détestait se lever si tôt pour un boulot qu’il détestait plus encore. Il rêvait d’avoir le temps de faire sa vie comme il le désirait. En regardant ces coureurs le long des berges, il les enviait d’avoir la volonté ou l’insouciance de se plier à ce rituel immuable. Que faisaient-ils dans leurs vies pour en arriver à se réveiller à des heures pas possibles, et à se fatiguer avant une journée sans doute monotone ? Les passions, se dit-il, ont sur les êtres humains de bien étranges comportements. D’ailleurs, il ne se sentait plus passionné depuis longtemps. Le rythme de sa vie lui avait fait perdre l’envie de jouer au basket régulièrement. Alors il se réfugiait dans la lecture, souvent de bandes-dessinées. C’était peut-être son seul luxe, s’acheter quatre ou cinq BD par mois, et en emprunter une dizaine par semaine à la bibliothèque. Il avait dans son sac à dos de quoi s’occuper durant les études qui l’attendaient pour la journée.

Son réveil avait sonné une heure plus tôt et Ernest se demanda s’il devait vraiment s’activer pour un emploi mal payé, précaire, et dont il ne pouvait rien attendre et surtout ne voulait rien attendre… Surveillant dans un collège… Assistant d’éducation pour bien le dire… Il se voyait plutôt comme un assistant de répression tellement ce qu’il faisait était à mille lieu de pouvoir être éducatif. Bien sûr, il leur faisait la morale de temps en temps à ces gamins, mais il était conscient que ça rentrait d’un côté et que ça sortait de l’autre, et ce n’était pas forcément le côté auquel on pensait…

Il se demandait encore une fois comment il en était arrivé là… Il avait accepté ce boulot le sachant temporaire, et cela faisait plus de deux ans qu’il faisait la guerre à des adolescents contrôlés par leurs hormones. Lui qui avait tant rêvé de voyager s’était enfermé dans un quotidien, dans un certain confort qui ne le rendait pourtant pas heureux. Il désirait découvrir le monde, d’autres cultures, apprendre de nouvelles langues… Son modèle avait été Indiana Jones, ce qui le poussa peut-être à faire des études d’Histoire à défaut d’archéologie, section bien trop fermée. Peu importe, les civilisations le fascinaient.

L’Egypte, Rome, mais encore plus la Grèce… Il détestait le Moyen-Âge, mille ans d’histoire qui ne représentaient à ses yeux qu’un intérêt fort limité. Mais la découverte des Amériques, le siècle des Lumières, les Révolutions, le 19ème siècle et les luttes des classes, le 20ème siècle et ses guerres, ses crises, ses luttes sociales, tout cela, Gandhi, Mandela, Martin Luther King, Malcolm X, tout cela lui parlait, non seulement dans un sens historique, politique et social, mais surtout humain.

Il se voulait un humaniste moderne, espérait que l’humanité ne pouvait qu’évoluer de façon positive, mais son côté sceptique, et surtout son pessimisme exacerbé le convainquait que rien ne pouvait changer.


Il descendit les escaliers faits de béton pour quitter le pont. Il accéda au trottoir et marcha environ cinquante mètres. Un peu plus bas, sur sa gauche, la Saône se frayait un chemin dans l’obscurité. En face de lui, un peu plus loin, un autre pont, plutôt une passerelle. Il traversa la voie et attendit patiemment son bus. Il écoutait sa musique avec beaucoup d’intérêt. C’était le seul moment de la journée où il se plongeait dans ses chansons préférées. Il pouvait ainsi totalement s’isoler, se couper du monde. Il avait fait de ces instants pénibles ses petits moments à lui où il pouvait souffler, penser, réfléchir… Le soir, il refaisait le même rituel et s’endormait souvent sur le fauteuil du bus, épuisé par sa journée, mais aussi sa nuit toujours trop courte. Il luttait pourtant, de peur de rater son arrêt. De plus, il espérait toujours voir cette fille monter dans le bus qui lui faisait penser à un amour qui lui semblait déjà lointain.

Chaque année, on se lance dans de nouvelles résolutions. J’avoue que je ne saurais dire si j’ai tenues celles de l’année passée parce que je ne m’en souviens plus! Mais, et pour ne rien oublier, je vais noter ici ce qui va changer dans ma vie! Alors je ne vais pas balancer que 2010 va être un nouveau départ, mais en tout cas, cette nouvelle année a tout pour être une année charnière dans ma petite existence. Et je vais tout faire pour.

Première résolution : aller à la piscine! Ouais je sais, ce n’est pas grand chose, mais mon dos me faisant souffrir, je dois me remettre à nager régulièrement comme au bon vieux temps de mon enfance où j’enquillais les longueurs.

Deuxième résolution : envoyer Jack Steackley, un manuscrit terminé et tout, à des éditeurs. Va falloir en sélectionner quelques-uns. Allez, fin janvier, me suis débarrassé de ça!

Troisième résolution : lancer ma maison d’édition.

Quatrième résolution : faire vivre ce blog! Et j’ai donc décidé d’écrire au moins une page word par semaine que je publierai ici. ça sera une histoire qui se suivra. Je n’ai pas encore décidé de ce que ça sera, mais j’ai encore une semaine pour m’y mettre!

Sur ce, bonne année, et surtout bonne santé à tous ceux qui passeront pas là!

Cliquez sur les photos pour les agrandir…

J’ai décidé d’essayer autant que possible de mettre des en-têtes issus de mes propres clichés.

Donc en voilà en un d’une photo prise à Barcelone l’été dernier…

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